"J'aimerais bien un coup de bite".
Cette expression, peu fine, je vous l'accorde, fut la mienne, un soir.
Ceux qui connaissent l'autrice, amoureuse des mots, y ont vu un trait d'humour basé sur l'opposition entre mes écrits habituels et cette expression brute.
Et j'en suis heureuse.
D'autres ont pris cela pour un appel, pour une "ouverture". Ces autres qui n'ont jamais réagi, qui a un texte, qui à une de ces pensées que j'espère profondes ; ces autres m'ont fait des propositions crues. Je leur ai fermé la porte au nez, publiquement.
Ces personnes ne m'intéressent pas.
Et puis, il y a eu autre groupe représenté par un poète en liberté.
Cet autre groupe a jugé.
Il a jugé la femme et il l'a condamnée.
Comment pouvais-je prétendre ne pas apprécier les avances du deuxième groupe quand moi, je commettais l'offense de la provocation vulgaire ?
Comment une femme comme moi, qui "mérite mieux que ça", osais-je m'étonner des réactions ?!
Ce que ce poète n'avait pas compris : je n'étais pas étonnée, je manifestais mon rejet des personnes qui ne s'intéressent qu'à mon cul (très beau au demeurant).
Je me suis expliqué, pourtant, le jugement avait porté. Il était sans appel.
Ce qui est étrange, c'est que cette personne a supprimé ses réactions publiques. Il a supprimé du regard de ses paires son jugement au mieux paternaliste et au pire misogyne.
Il a supprimé sa diatribe publique pour mieux venir me l'appliquer en privé.
Là, je n'ai plus eu de doute sur le biais misogyne qu'il refusait d'adresser : moi, une "femme bien", je ne devais pas parler comme ça et si je faisais, je me devais d'accepter sans broncher les propositions sexuelles des mâles en (què)quête de trous à boucher.
J'ai coupé court, entre déception et dégoût.
Ce coup de bite m'aura beaucoup appris, ou m'aura rappelé le fait que oui, parfois, ça présente bien, ça se dit libre penseur, bienveillant, et tout le tintouin, mais c'est tout aussi pourri à l'intérieur, incapable de se remettre en question.
Mais bon, il aime les femmes, donc tout est pardonné.
Il aura fallu ce "coup de bite", pour me rappeler que je ne devais pas me reposer sur mes lauriers, car ce troisième groupe, j'ai fait partie aussi, parfois, quand j'oublie que j'ai des biais, ceux liés au fait que j'évolue dans une société, classiste, raciste et misogyne.
J'ose crois, que je garde suffisamment de recul, que je m'interroge suffisamment, que j'écoute et que j'entends quand on me dit "hé, Tina, t'es sûre de ce que tu dis là ?"
En attendant, oui, parfois, j’ai envie d’un coup de bite, d’un coup de langue, de deux ou trois doigts. Et alors ? Je dois me taire ?
Ben non, Tina, tu dois le dire élégamment, en rimant si tu peux :
Essaie : « Ma couche est vide ce soir, je me languis de toi… »
Ou encore : « Puissiez-vous, mon ami, m’accorder vos faveurs »
Tu vois un peu l’idée, Tina ? Tu n’as que la bite à la bouche. Une femme comme toi ne dit pas ce mot-là !
Bouffon va…
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